Hypnose et hypnothérapie : définition

Hypnose & hypnothérapie : définition De l’hypnose classique à l’hypnose nouvelle en passant par l’hypnose de music-hall, nous parlons ici d’un phénomène extraordinaire qui passionne les foules lors d’un spectacle ou soigne ceux qui veulent faire confiance à leur pouvoir d’auto-guérison.

Qu’est-ce que l’hypnose ?

Le mot vient du grec « hupnoûn » signifiant endormir. D’ailleurs, le dieu du sommeil se nomme Hypnos.

On peut envisager l’hypnose comme un état de sommeil non naturel qui est provoqué par la suggestion de l’hypnotiseur. Pour d’autres, il s’agit d’un simple état modifié de la conscience plongeant l’hypnotisé dans un endroit se trouvant entre la veille et le sommeil. Cet état est accessible naturellement et l’on parle alors d’auto-hypnose.

Grâce à l’état hypnotique il est possible de communiquer avec notre inconscient et d’accéder ainsi à d’immenses ressources provenant de nos expériences et expérimentations passées. C’est aussi le moyen de suggérer des idées de changement.

 

Qu’est-ce que l’hypnothérapie ?

L’hypnothérapie est tout simplement l’utilisation de l’hypnose à des fins thérapeutiques. L’hypnothérapeute (et non l’hypnotiseur, terme plus généralement utilisé pour le spectacle), en est le praticien.

Mais avant d’aller plus loin et d’essayer de comprendre ce qu’est l’hypnose, essayons de comprendre pourquoi elle a si mauvaise réputation.

En effet, ce mot hypnose fait souvent rire ou effraie alors que sa pratique semble aussi pouvoir faire découvrir un chemin donnant accès à des ressources illimités.

 

L’hypnose de music-hall

Le music-hall a très fortement contribué à cette image caricaturale, autoritaire et manipulatoire. Elle est utilisée par un hypnotiseur, c’est-à-dire un personnage de spectacle, qui utilise ces phénomènes spectaculaires d’apparence mystérieuse pour faire son show.

 

L’hypnose classique ou hypnose traditionnelle

L’hypnose classique est née au 18ème siècle. C’est J.Braid qui baptise en 1841 ce phénomène universel : hypnose. Largement utilisé en médecine (Mesmer, Braid, Charcot, Bernheim, Freud, Janet…), elle est autoritaire, peu subtile et peu respectueuse du patient.

Ici, le praticien utilise l’autorité directive pour obtenir l’obéissance par la soumission. C’est lui qui « injecte » la solution au patient, par sa volonté d’hypnotiseur tout-puissant.

Elle disparaît sans doute à cause des résultats thérapeutiques assez décevants et de la monté du courant psychanalytique qui la considère comme peu efficace, voire même dépassée, et qui devient dès lors un courant dominant dans nos pays dits civilisés.

Mais l’hypnose n’est pas morte et ses potentialités dans le champ de la guérison physique, psychique et psychosomatique réveillèrent l’intérêt des scientifiques dès 1930.

 

L’hypnose nouvelle ou hypnose ericksonnienne

L’hypnose nouvelle (ou moderne) – ericksonienne est une évolution, une transformation de le forme classique.

Son père, M. Erickson, était dyslexique, daltonien, éprouvait des difficultés à reconnaître les sons et a subi deux attaques de poliomyélite. C’est dire qu’il savait ce qu’apprendre et réapprendre peuvent signifier. Ses techniques sont issues de ses réussites.

Ce courant propose une « philosophie d’action » fondée sur la confiance en la capacité de l’être humain à développer les solutions dont il a besoin.

Les 3 principaux domaines sont :

  1. L’hypnose : qui est l’utilisation des états modifiés de conscience dans une orientation de changement au niveau de la santé ou de l’évolution humaine.
  2. L’hypnose conversationnelle (ou hypnose sans hypnose) : qui utilise les outils de l’hypnose hors de toute induction formelle, c’est-à-dire dans ce qui pourrait passer pour une « simple conversation ». Hypnose conversationnelle
  3. La communication ericksonienne : qui utilise aussi les outils de l’hypnose (mais sans état modifié de conscience) et d’autres outils qui font de cette troisième facette la plus « stratégique » (utilisation des métaphores, des contes…).
    Ici, la collaboration entre le praticien et le patient est primordiale et l’idée générale est que la solution émerge au sein même de l’organisme du patient. L’hypnothérapeute met donc en place un contexte le plus favorable possible (facilitateur de changement) pour permettre et apprendre à l’hypnotisant à avoir accès à son inconscient, à ses propres mécanismes d’auto-guérison.

Ici, l’hypnotisant apprend l’autonomie en découvrant qu’il a en lui toutes les ressources nécessaires à son changement (en utilisant ultérieurement l’auto-hypnose par exemple).

L’hypnothérapeute n’est qu’un guide.

Sachez enfin pour conclure que l’hypnose est un phénomène tout à faire normal, ordinaire et naturel et que tout le monde l’utilise quotidiennement.

En effet, dans la journée tout le monde traverse des états de conscience hypnotiques variés (endormissement, réveil…).

Il semblerait même qu’il soit utile et nécessaire au maintient de l’équilibre mental.
C’est le « common everyday trance » d’Erickson, qui apparaît lorsque nous nous évadons du présent, « dans la lune », absorbé dans un roman ou un film, parfois même en conduisant (tiens, nous sommes déjà arrivés…).
Comme tout le monde a cette faculté naturelle plus ou moins développée, tout le monde peut donc l’utiliser (ou ré-apprendre à l’utiliser) consciemment.

 

Hypnose clinique et hypnoanalyse

D’autres intitulés existent comme par exemple l’hypnose clinique. Pour certains praticiens, il s’agit d’une psychothérapie associant l’apprentissage d’un état hypnotique à un travail thérapeutique selon le mode de l’hypnose ericksonienne ou le mode hypno-analytique (ou hypnopsychanalytique). Vous connaissez déjà le modèle ericksonien (voir hypnose nouvelle). L’hypnoanalyse (et son praticien l’hypnoanalyste) utilise l’état hypnotique, certaines dimensions de la psychanalyse et éventuellement un travail psychocorporel dérivé de l’analyse bioénergétique. Pour d’autres praticiens, il s’agit de la même hypnose que l’hypnose classique.
Tous les hypnothérapeutes ne sont pas formés aux différents courants de l’hypnose mais il semble qu’à l’instar du guitariste qui peut mieux jouer de son instrument s’il a plusieurs cordes, il pourra mieux s’adapter au sujet en possédant plusieurs outils.

 

Bibliographie sur l’hypnose et l’hypnothérapie

  • M. H. Erickson – éditions ESF : L’hypnose thérapeutique (quatre conférences).
  • S. Rosen (textes établis et commentés par) – éditions Hommes et Groupes : Ma voix t’accompagnera. Milton H. Erickson raconte.
  • J. Haley – éditions Desclée de Brouwer : Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson.
  • P. Kerforne – éditions Dangles : Hypnose et autohypnose – initiation à une pratique au quotidien.
  • P-C. Jagot – éditions Dangles : Méthode pratique de magnétisme, hypnose et suggestion – cours d’expérimentation à la portée de tous.
  • V. Pieffer – éditions Marabout : Découvrir l’hypnothérapie.
  • J. Andre Hoareau – éditions Robert Laffont : L’hypnothérapie, quand l’esprit soigne le corps.
  • F. Mesmer – éditions Payot : Le magnétisme animal.
  • E. Trillat et J-M. Charcot – éditions L’harmattan : L’hystérie.
  • S. Nicolas – éditions L’harmattan : L’hypnose – Charcot face à Bernheim.
  • H. Berhheim – éditions L’harmattan : De la suggestion dans l’état hypnotique et dans l’état de veille.
  • S. Freud – éditions Gallimard : Le mot d’esprit et sa relation à l’inconscient.
  • P. Janet – éditions L’harmattan : Conférences à la salpetrière – anesthésie, amnésie et suggestion chez les amnésiques.
  • J. Andre Hoareau – éditions Masson : Hypnose clinique.
Hypnose et hypnothérapie : définition
5 (100%) 30 votes

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *